A- Les Mysticètes

1-Le repérage

            La vision sous l'eau est, pour les hommes comme pour les cétacés, bien plus difficile que dans l'air. L'eau absorbe en effet les couleurs comme un filtre en fonction des longueurs d'onde. Plus la longueur d'onde est élevée, plus la couleur qui y est associée disparaît rapidement. Nous remarquons donc que le rouge disparaît à 10m de profondeur, le jaune à 30m, et à 50m, les seules couleurs restantes sont le bleu et le gris. D'autre part, l'intensité lumineuse est de plus en plus faible. A partir de 400m de profondeur, l'obscurité est totale. C'est pour cela que les cétacés ont très peu de cônes, cellules permettant la vision des couleurs, et plus de bâtonnets, cellules sensibles à l'intensité lumineuse, par rapport à l'Homme.

            De plus, il existe un angle mort dans leur champ de vision. En effet, comme les cétacés ont un œil de chaque côté de leur tête, ou ont un melon faisant obstacle entre chaque œil, ils ne peuvent voir de face. Ils ne peuvent donc pas voir l'endroit vers lequel ils se dirigent, ou la proie qu'ils pourchassent.

            Certains dauphins, principalement les dauphins d'eau douce, sont même aveugles. Leur vue leur est inutile, parce qu'ils vivent dans des eaux troubles, boueuses et sombres.

            Chez les mysticètes, cette vision limitée n'est qu'en partie résolue par le moyen du son. L'écholocalisation, un principe que nous expliquerons ci-dessous, n'est pas beaucoup utilisé chez ce groupe de cétacés, qui développa plutôt un repérage grâce au champ magnétique.

 

2-La chasse

            De même pour la chasse, les mysticètes se servent peu de l'écholocalisation, mais leur ouïe leur est tout de même importante. Ils n'ont qu'à écouter le krill, leur nourriture favorite constituée de milliards de crevettes et de crustacés, qui se déplace en banc. Il fait énormément de bruit et ce son se propage sur des kilomètres. Les mysticètes le repèrent donc assez facilement, et l'engouffrent dans leur gueule en une grosse bouchée.

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3-La communication

            L'ouïe est un sens limité sous l'eau. Comme cela a été expliqué ci-dessus, la provenance du son est impossible à déterminer pour les humains à cause de l'absence de relief sonore. Chez les cétacés, ce problème a été résolu. Tout d'abord, la distance entre leurs deux oreilles est bien plus grande que la nôtre, ce qui accentue le décalage entre le moment de réception de la première et de la deuxième oreille. Mais cela n'est pas suffisant pour recréer un relief sonore. Il existe en effet une deuxième particularité, permettant aux cétacés de percevoir l'origine du son. Leurs oreilles sont logées dans une bulle tympanique faite d'os, séparée du reste du corps par de la graisse. Cette graisse permet d'isoler les sons et les oreilles parviennent alors à déterminer un décalage. Les cétacés peuvent donc, comme nous le faisons à l'air libre, définir l'origine d'un son. Ils n'ont alors aucun problème à "parler" avec leurs congénères.

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Source image : http://www.pac.dfo-mpo.gc.ca/education/lessonplans-lecons/porpoise-marsouin-fra.htm

            Les sons émis par les cétacés ne proviennent pas des cordes vocales. Elles sont en effet inexistantes chez les cétacés, parce qu'elles ne sont d'aucune utilité en milieu aquatique. Le son se forme alors par le passage de l'air entre différents sacs d'air. Autour du conduit nasal, qui permet la respiration du mammifère et qui se situe sur le haut de son melon, se trouvent plusieurs sacs d'air de formes différentes. Des muscles permettent de faire passer l'air d'un sac à l'autre, ce qui crée des sons.

           Selon les chercheurs, les cétacés ont élaboré des langages aussi complexes que l'est le langage humain. Chaque individu a son propre timbre, chaque communauté ou groupe de cétacés a son propre accent, et chaque espèce son propre dialecte. Cependant, il existe des sortes de codes compris de tous. Par exemple, certains chercheurs ont remarqué que lorsque des sons sont émis à intervalle très court et de façon intense, le message indique un danger.

            Les cétacés émettent des sons de fréquences et d'intensités différentes. Par exemple, le Rorqual commun émet des "cris" entre 30 et 750 Hz d'une intensité comprise entre 60 et 90 dB. La baleine bleue, autrement appelée le rorqual bleu, émet des sons plus intenses que ceux produits par un avion à réaction (environ 150 dB). Le "cri" de cette baleine atteindrait parfois les 190 dB, le son le plus fort émis du monde vivant.

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            La communication entre les mysticètes, et encore plus particulièrement entre les rorquals bleus, est extrêmement importante. Durant la saison des amours, les baleines chantent pour appeler leurs congénères. Ce chant est tellement intense qu'il se répand sur des kilomètres ; ce sont des "clangs", des clips très métalliques émis par les mâles. Cela est nécessaire, car la chasse à la baleine bleue a réduit l'espèce à seuls quelques individus, qui s'aident de ces "chants" pour se retrouver et s'accoupler.

 

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