B- Les Odontocètes

1-Le repérage

            Nous avons vu un peu plus haut que la vision des cétacés est restreinte. C'est pourquoi ils ont développé un autre sens, pour "compléter" celui-ci : l'écholocalisation.

            Dans le domaine du militaire, on compare l'écholocalisation, également appelée écholocation, au sonar (SOund NAvigation and Ranging), ce qui signifie en français "navigation et évaluation de la distance par le son". Effectivement, grâce à cette technique, les cétacés peuvent reconstituer leur environnement dans leur cerveau.

            Le principe de l'écholocalisation est relativement complexe. Lorsque le cétacé utilise ce principe, il émet des sons à intervalles réguliers, environ toutes les secondes ; ce sont des clics. Ces vibrations sonores se répandent dans la boîte crânienne et traversent le melon. Cette zone avancée du crâne contient une substance graisseuse appelée le spermaceti. Cette matière amplifie et focalise les vibrations, qui se propagent ensuite dans l'eau. Lorsqu'elles rencontrent un obstacle ou une proie, les ondes sonores se réfléchissent dessus. Le cétacé en reçoit l'écho. Les vibrations remontent jusqu'à l'oreille interne le long de la mâchoire inférieure. Dès que le cétacé perçoit l'information qu'il y a quelque chose devant lui, il accélère la fréquence des émissions de sons. Ce sont alors des kricks. Il peut identifier l'objet devant lui, et, s'il s'agit d'une proie, la poursuivre. Des clics très forts pourraient même permettre de "sentir" les pulsations cardiaques de la proie.  L'écholocalisation est donc très utile aux cétacés, et tout particulièrement aux odontocètes, qui utilisent cette technique pour chasser.

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Source image : http://dauphins.parcasterix.fr/acoustique-odontocetes 

            Nous avons remarqué qu'en fonction de l'espèce, les odontocètes possèdent différents amplificateurs, plus ou moins puissants. La plupart se servent de leur melon pour amplifier leur signal. Le melon est un organe constitué de graisse occupant une grande partie de la boîte crânienne. La graisse qu'il contient, le spermaceti, augmenterait et focaliserait les vibrations sonores.

            Chez le cachalot, cet organe a deux fonctions. D'une part, il pourrait effectivement amplifier et préciser les cliks qu'il produit. Par ailleurs, il pourrait également lui permettre de plonger profondément pour aller chasser. En effet, le spermaceti est une substance huileuse qui se solidifie par le froid et se liquéfie par la chaleur. Les cachalots peuvent donc plonger profondément et aisément, car plus la profondeur est élevée, plus la température est basse. Le solide concentré dans sa tête entraîne donc ce cétacé vers le fond.

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            Mais il existe d'autres amplificateurs, qui dépendent alors de l'espèce à laquelle appartient l'individu. Par exemple, le narval possède deux canines sur sa mâchoire supérieure, dont une qui traverse sa lèvre. Elle forme une longue dent d'ivoire torsadée pouvant aller jusqu'à 2,80 mètres. Il semblerait que cette dent serve à affirmer sa domination, à se battre pendant la saison des amours, mais aussi à amplifier les vibrations sonores.

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Lien vers : Notre Expérience

2-La chasse

         La chasse chez les odontocètes se fait soit en groupe, soit seul. Certaines espèces, comme le cachalot, chassent systématiquement seules, d'autres, comme l'orque, s'adaptent aux deux méthodes.

            Le cachalot, pour chasser, descend très profond dans l'océan. Seul, il traque le calmar géant. L'obscurité est totale, il ne voit donc pas sa proie avec les yeux, mais utilise l'écholocalisation. Les vibrations sonores qu'il utilise peuvent être très fortes, et peuvent même assommer, dans certains cas, le calmar.

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            Au contraire, les dauphins communs chassent ensemble. Ils repèrent tout d’abord un banc de poissons, essentiellement des anchois, des petits calmars, des saumons et des crevettes. Ensuite, ils utilisent leurs clicks pour les désorienter et les forcer à former un groupe compact. Chacun à leur tour, ils traversent alors le banc la gueule ouverte, pendant que les autres s’occupent de ne pas laisser le banc se dissocier.

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3-La communication

            Les odontocètes communiquent énormément entre eux par des moyens différents. Ils emploient souvent pour cela les caresses, les contacts corporels. Le langage corporel, même s'il s'agit de leur principal moyen de communication, est complété par des sons : sifflements, gazouillis, grincements, craquements, explosions de clics, jappements, et autres bruits. Lorsqu'ils vivent en communauté, les odontocètes se montrent très sociables, et communiquent énormément. La structure sociale du groupe varie selon l'espèce. La domination est parfois faite par un pacha, plusieurs mâles ou une femelle. Si l'individu ou les individus dominant le groupe se dirige, par erreur, vers la plage les autres le suivent. Ils ont en effet une confiance aveugle en lui.

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      Les cétacés laissent au son une place importante dans leur survie. Comme depuis quelques années, il existe une forte pollution sonore sous-marine, on observe aujourd’hui des cas d’échouages collectifs ou non, de plus en plus fréquent. L’Homme est responsable de ces incidents, et nous devons apprendre à respecter le mode de vie de ces mammifères marins.

 

 

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